Édifices du culte / Les Témoins de Jéhovah dans la cité

Les Témoins de Jéhovah dans la cité

Brève approche historique

La présence des Témoins de Jéhovah en France remonte à la fin des années 1880. En 1897, ils publient le livre L’aurore du Millénium aux éditions Fischbacher à Paris. Cette parution sera suivie en 1903 par la publication de La Tour de Garde, revue qui paraît toujours aujourd’hui. Ils ouvrent des dépôts à Denain (Nord), Uzès (Gard) et Beauvène (Ardèche), en 1907. En 1906, ils créent la première association sous le nom d’« Église chrétienne d’Haveluy » près de Valenciennes (Nord). Des assemblées se constituent à différents endroits qui rendent nécessaires la location, l’achat ou la construction d’une salle ou d’un édifice pour le culte. Une nouvelle salle est inaugurée en 1909 à Auchel (Pas-de-Calais).

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans une région appauvrie par la guerre où les matériaux font défaut, les Témoins de Jéhovah de Sin-le-Noble (Nord) construisent eux-mêmes un édifice cultuel. Les années 1920 marquent l’avènement du cinéma dans la vie quotidienne. Les Témoins de Jéhovah projettent dans de nombreuses villes le « Photo-Drame de la Création ». Les projections ont lieu dans de grandes salles louées pour la circonstance. En 1930, ils établissent leur siège national à Enghien et ouvrent un bureau à Paris dans le IXe arrondissement. Dans la période 1930-1936, les stations de radio de Béziers, Bordeaux, Fécamp, Juan-les-Pins, Lyon, Nîmes, Paris, Strasbourg et Toulouse diffusent chaque semaine des allocutions bibliques produites par les Témoins de Jéhovah. En 1936, leurs publications, primées à plusieurs reprises au cours des années précédentes, se voient décerner la palme d’or du « Mérite national humanitaire ».

La Seconde Guerre mondiale marque une période difficile. Les Témoins de Jéhovah sont réduits à pratiquer leur culte dans la clandestinité. Ils se réunissent par petits groupes dans des foyers. Le témoignage public s’effectue dans la plus grande discrétion. Certains Témoins sont arrêtés et emprisonnés, d’autres sont déportés dans les camps de concentration nazis.

La Seconde Guerre mondiale marque une période difficile. Les Témoins de Jéhovah sont réduits à pratiquer leur culte dans la clandestinité. Ils se réunissent par petits groupes dans des foyers. Le témoignage public s’effectue dans la plus grande discrétion. Certains Témoins sont arrêtés et emprisonnés, d’autres sont déportés dans les camps de concentration nazis.

Dans la période d’après-guerre, alors que souffle l’esprit de la liberté retrouvée, les Témoins de Jéhovah diffusent leurs publications dans les rues. Au cours des décennies suivantes, ils construisent des Salles du Royaume dans de nombreuses villes. Ils organisent aussi de grandes assemblées à caractère international réunissant des dizaines de milliers de fidèles.



Lyon, 1950


Stade de Colombes, 1973


Villepinte 2001 : 98 000 assistants Vue partielle (hall 6)

En 1947, les Témoins de Jéhovah installent leur siège national à Paris, Villa Guibert dans le XVIe arrondissement. Il est transféré à Boulogne-Billancourt une dizaine d’années plus tard. Par ailleurs ils disposent de bureaux et d’installations à Louviers (Eure).

Bureaux de Louviers

Liberté de réunion

« Il ne peut y avoir de liberté de culte s’il n’y a pas libre disposition de locaux adaptés aux célébrations publiques d’un culte », observe justement une circulaire du ministre de l’Intérieur1.

Outre la construction d’édifices de culte, cette liberté autorise la mise à disposition de salles municipales conformément au Code général des collectivités locales qui stipule : « Des locaux communaux peuvent être utilisés par les associations, syndicats ou partis politiques qui en font la demande. » (Article L. 2144-3.)

La jurisprudence a souligné le droit pour une association cultuelle de disposer ponctuellement d’une salle communale, y compris pour exercer son culte, et précisé que la gratuité de la mise à disposition dans un tel cas ne constitue pas une libéralité2.

Il arrive que les Témoins de Jéhovah demandent la mise à disposition d’une salle municipale. Lors du Mémorial, l’assistance dépasse souvent la capacité d’accueil de la Salle du Royaume. Le respect des règles de sécurité exige une salle suffisamment grande pour recevoir les assistants dans de bonnes conditions.

Liberté d’expression

Un témoin se doit de témoigner. Rendre témoignage à Dieu, Jéhovah, et à son Fils, Jésus-Christ, et attester de l’espérance du « royaume des cieux », voilà la mission chrétienne que les Témoins de Jéhovah ont acceptée.

Ils sont profondément attachés à la liberté d’expression. Garantie par la loi et les conventions internationales, cette liberté s’inspire de l’exemple des apôtres qui en ont défendu le principe (Les Actes des Apôtres 4:18-20).

Ils sont ouverts à tous et témoignent publiquement, allant à la rencontre des habitants de leur localité par des visites domiciliaires dans le respect des droits et libertés. Par ailleurs ils proposent gratuitement leurs publications bibliques sur des présentoirs mobiles, des tables d’exposition ou des stands.

Les Témoins de Jéhovah vont vers les autres dans un esprit de paix suivant la recommandation de Christ : « Partout où vous entrerez dans une maison, dites d’abord : ‘Paix à cette maison’ » (Évangile selon Luc 10:5). Leur démarche exclut toute polémique ou querelle. Elle se distingue du prosélytisme qui tente d'imposer ses idées. Elle s’exerce dans le respect des droits et de la liberté de chacun et constitue l'une des manifestations du libre exercice des cultes3. En qualité de chrétiens, les Témoins de Jéhovah annoncent « la bonne nouvelle de la paix » et s’efforcent d’être « en paix avec tous les hommes ». (Épîtres de l’apôtre Paul aux Éphésiens 6:15 et aux Romains 12:18).

1 Circulaire NOR/IOC/D/11/21246C, du 29 juillet 2011, disponible sur le site public du ministère de l’Intérieur.

2 CE, 26 août 2011, no 352106, commune de Saint-Gratien ; CE, 19 juillet 2011, no 313518, commune de Montpellier ; CE 30 mars 2007, no 304053, ville de Lyon.
Voir aussi http://www.defenseurdesdroits.fr/decisions/ddd/MLD-2013-6.pdf.

3 Garantis par la Constitution de la France (article 1) et la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales (article 9).

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