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Un danger qui préoccupe tous les parents

Extrait de Réveillez-vous ! d'octobre 2007, pages 3-11

HÉLÈNE et Samuel forment un couple heureux et dynamique 1. Ils ont un petit garçon de trois ans plein de vie, qu'ils entourent de soins. Dans le monde d'aujourd'hui, le métier de parents n'a rien de facile. Il s'accompagne d'une foule de soucis et de responsabilités. Il y a tant de choses à apprendre à un enfant ! Une responsabilité en particulier tient à cœur à Hélène et à Samuel : protéger leur fils du danger que représentent les agressions sexuelles. Pourquoi ?

" Mon père était un ivrogne insensible et coléreux, raconte Hélène. Il me battait affreusement, et il nous infligeait des sévices sexuels, à mes sœurs et à moi. 2  " Qui nierait que de telles violences puissent laisser des cicatrices affectives profondes ? Rien d'étonnant à ce qu'Hélène soit résolue à protéger son fils ! Samuel ne l'est pas moins.

La question de la maltraitance sexuelle des enfants préoccupe de nombreux parents. Vous préoccupe-t-elle aussi ? À la différence de Samuel et d'Hélène, peut-être n'avez-vous pas eu à faire face à ce fléau ou à ses effets. Mais vous avez certainement entendu des faits bouleversants révélant à quel point cette pratique répugnante est répandue. Partout dans le monde, des parents attentifs sont horrifiés d'apprendre ce que des enfants de leur voisinage subissent.

À propos de l'ampleur du phénomène, un spécialiste a parlé à juste titre d'" une des découvertes les plus consternantes de notre époque ". C'est en effet une triste découverte, mais faut-il être surpris ? Ceux qui étudient la Bible ne le sont pas. La Parole de Dieu explique que nous vivons une époque troublée, " les derniers jours ", marquée par la généralisation des comportements " cruels ", et durant laquelle les gens seraient " amis d'eux-mêmes " et " sans affection naturelle ". — 2 Timothée 3:1-5.

La maltraitance sexuelle est un problème alarmant. Certains parents sont atterrés par l'absolue cruauté des individus qui recherchent des enfants à des fins perverses. Toutefois, les parents sont-ils démunis devant ce danger ? Ou bien existe-t-il des mesures concrètes auxquelles ils peuvent recourir afin de protéger leurs enfants ? Les articles suivants répondront à ces questions.


Notes :

1 Par souci d'anonymat, les prénoms ont été changés.

2 Il y a atteinte sexuelle sur un enfant quand un adulte se sert d'un enfant pour assouvir ses propres désirs sexuels. Cela relève souvent de ce que la Bible appelle fornication, ou pornéïa, laquelle peut englober les caresses des parties génitales, le coït, les relations buccogénitales et la sodomie. Certaines formes d'atteinte, telles que les caresses sur les seins, les propositions immorales explicites, le fait de montrer de la pornographie à un enfant, le voyeurisme et l'exhibitionnisme peuvent être assimilées à ce que la Bible condamne comme du " dérèglement " ou de l'" impureté " pratiquée " avec avidité ". — Galates 5:19-21 ; Éphésiens 4:19.

 

Comment protéger vos enfants

PEU d'entre nous ont envie de s'attarder sur la question des sévices sexuels sur les enfants. Rien que d'y penser, les parents frémissent ! Ces maltraitances constituent cependant une réalité effroyable dans la société actuelle, et leurs effets peuvent être dévastateurs. Vaut-il la peine de s'y arrêter ? Voyons : que seriez-vous prêt à donner pour la sécurité de votre enfant ? Vous informer sur ce sujet déplaisant est assurément peu cher payer et c'est faire beaucoup pour leur protection.


Sévices sexuels : un fléau mondial

En 2006, le secrétaire général des Nations unies a communiqué à l'Assemblée générale un rapport mondial rédigé par un expert indépendant sur la violence contre les enfants. On y lisait qu'au cours d'une année récente 150 millions de filles et 73 millions de garçons de moins de 18 ans auraient subi " un rapport sexuel imposé ou d'autres formes de violence sexuelle ". Ces chiffres sont stupéfiants ; toutefois, " ils sont certainement en dessous de la réalité ", était-il précisé. L'analyse d'études menées dans 21 pays a révélé que jusqu'à 36 % des femmes et 29 % des hommes avaient été victimes de violences sexuelles durant l'enfance. Souvent, l'agresseur était un membre de la famille !


Face au fléau des agressions sexuelles, ne perdez pas courage. Vous avez au moins un avantage sur votre enfant : vous possédez des ressources qu'il mettra des années, voire des décennies, à acquérir. Votre vécu vous a apporté savoir, expérience et sagesse. Il est primordial que vous augmentiez ces ressources et que vous les employiez à protéger votre enfant. Nous examinerons trois mesures fondamentales à la portée de tout parent. Les voici : 1) devenez le premier rempart de votre enfant contre les sévices, 2) donnez-lui une instruction de base indispensable et 3) enseignez-lui des moyens élémentaires de se protéger.

Êtes-vous le premier rempart ?

La responsabilité de protéger les enfants contre les abus incombe avant tout aux parents. Ils sont donc les premiers à devoir être informés. Si vous êtes parent, il y a un certain nombre de choses que vous devez connaître, comme le profil courant de l'agresseur et ses méthodes. En général, on se le représente comme un inconnu tapi dans l'ombre, cherchant à kidnapper des enfants pour les violer. Nul doute que de tels monstres existent. Les médias en font mention très souvent. Ils sont malgré tout relativement rares. En effet, dans 90 % des cas, l'agresseur est quelqu'un que l'enfant connaît et en qui il a confiance.

Bien entendu, vous ne voulez pas croire qu'un aimable voisin, professeur, médecin, entraîneur ou membre de la famille puisse convoiter votre enfant. À vrai dire, la plupart des gens ne sont pas ainsi. Inutile donc de commencer à suspecter tous ceux qui vous entourent. Toutefois, vous pouvez protéger votre enfant en apprenant comment opère l'agresseur type. — Voir l'encadré page 6.

Connaissant ses tactiques, vous êtes mieux à même de servir de premier rempart. Par exemple, si une personne apparemment plus intéressée par les enfants que par les adultes se montre particulièrement attentionnée envers le vôtre, lui offre des cadeaux, propose de le garder gratuitement ou de l'emmener en sortie, que ferez-vous ? En déduirez-vous que c'est un agresseur ? Non. Ne tirez pas de conclusions hâtives. Son comportement peut être tout à fait innocent. Néanmoins, il peut vous alerter. La Bible déclare : " Quiconque est inexpérimenté ajoute foi à toute parole, mais l'homme astucieux est attentif à ses pas. " — Proverbes 14:15.

Souvenez-vous qu'une offre qui paraît trop belle pour être vraie peut effectivement être trompeuse. Passez au crible quiconque propose de consacrer du temps, seul, à votre enfant. Faites savoir que vous êtes susceptible de venir voir à n'importe quel moment si tout va bien. Mélissa et Brice, parents de trois garçons, ne laissent pas facilement un de leurs enfants seul avec un adulte. Lorsque l'un d'eux suivait des cours de musique à domicile, Mélissa avait prévenu le professeur : " Pendant que vous serez là, je viendrai régulièrement dans la pièce. " Une telle vigilance peut paraître excessive, mais ces jeunes parents préfèrent être trop prudents que pas assez.

Intéressez-vous de près aux activités de votre enfant, à ses amis et à son travail scolaire. Lorsqu'une sortie est prévue, demandez-en tous les détails. Un spécialiste de la santé mentale qui a étudié pendant 33 ans des cas d'agressions sexuelles signale qu'un nombre incalculable de ces drames auraient pu être évités par la simple vigilance des parents. Il cite ces paroles d'un homme condamné pour agression : " Les parents nous donnent littéralement leurs enfants [...]. C'est sûr qu'ils m'ont facilité les choses. " N'oubliez pas : la majorité des agresseurs préfèrent les proies faciles. Or, les enfants auxquels les parents s'intéressent de près ne sont pas des proies faciles.


Un mode de séduction

L'agresseur est souvent trop rusé pour employer la force. Il préfère séduire ses victimes peu à peu. Il commence par choisir une cible, comme un enfant qui paraît vulnérable et confiant, donc qui obéit assez facilement. Puis il lui prête une attention toute particulière. Il essaie aussi de gagner la confiance des parents. La plupart des agresseurs ont l'art de faire croire qu'ils s'intéressent sincèrement à l'enfant et à sa famille.

Ensuite, il prépare l'enfant. Par des démonstrations d'affection apparemment innocentes, des petites bagarres et des chatouillements, il multiplie les contacts physiques avec lui. Il lui offre de beaux cadeaux et l'éloigne progressivement de ses amis, de ses frères et sœurs et de ses parents, afin de passer du temps seul avec lui. Puis vient le moment où il lui demande de cacher à ses parents quelque chose d'anodin, par exemple un cadeau ou un projet de sortie. Il prépare ainsi le terrain pour séduire sa victime. Lorsqu'il a gagné la confiance de l'enfant et celle des parents, il est prêt à passer à l'action.

Là encore, il va plus vraisemblablement employer la ruse que la violence ou la force. Il exploite la curiosité naturelle de l'enfant pour la sexualité et lui propose d'être son " professeur " ou de jouer avec lui à un " jeu pas comme les autres " qui restera entre eux. Ou encore il essaie de lui montrer de la pornographie afin de l'amener à considérer une telle conduite comme normale.

S'il réussit à exercer des sévices sur l'enfant, il n'a plus qu'une chose en tête : faire en sorte que sa victime ne le révèle à personne. Il utilise diverses tactiques, dont la menace, le chantage, la culpabilisation, ou les trois. Il dira peut-être : ‘ C'est de ta faute. Tu ne m'as pas dit d'arrêter. ' Et il peut ajouter : ‘ Si tu le dis à tes parents, ils appelleront la police et on m'enverra en prison pour le restant de ma vie. ' Ou bien : ‘ C'est notre secret. Si tu en parles, personne ne te croira. Si jamais tes parents l'apprennent, je leur ferai du mal. ' Ces individus ne sont jamais à court de tactiques sournoises et cruelles.


Une autre façon de servir de premier rempart à votre enfant est d'être un bon auditeur. Il est rare que de jeunes victimes révèlent spontanément ce qu'elles ont subi ; elles ont trop honte et trop peur des réactions. Dès lors, écoutez attentivement ; guettez le moindre indice 3. Si votre enfant dit quelque chose qui vous inquiète, posez-lui calmement des questions qui l'inciteront à s'exprimer. S'il ne veut pas qu'un(e) certain(e) baby-sitter revienne, demandez-lui pourquoi. S'il dit qu'un adulte joue avec lui à des jeux bizarres, demandez-lui : " Quel genre de jeux ? Que fait-il ? " S'il se plaint que quelqu'un l'a chatouillé, demandez-lui : " Où t'a-t-il chatouillé ? " Ne vous empressez pas de dédramatiser ses réponses. Les agresseurs disent aux enfants que personne ne les croira ; et c'est trop souvent ce qui se produit. Mais pour un enfant victime d'abus, le fait que ses parents le croient et le soutiennent est un facteur important de guérison.


Note :

3 Les spécialistes observent que bien des enfants qui ont été agressés donnent des indices muets que quelque chose ne va pas. Par exemple, si un enfant a des comportements régressifs (qu'il recommence à faire pipi au lit, à se cramponner à ses parents, à redouter d'être seul, etc.), c'est peut-être une façon de signaler que quelque chose de grave le perturbe. De tels symptômes ne sont pas des preuves formelles de maltraitance. Avec calme, faites parler votre enfant pour discerner la cause de sa détresse, afin de le consoler, de le rassurer et de le protéger.

Donnez à votre enfant une instruction de base

Un ouvrage spécialisé rapporte ces propos d'un condamné pour sévices : " Donnez-moi un enfant qui ne connaît rien au sexe, et vous me donnez ma prochaine victime. " Cette remarque fait froid dans le dos, mais elle est un rappel utile pour les parents. Les enfants qui ignorent tout de la sexualité sont beaucoup plus faciles à duper. La Bible déclare que la connaissance et la sagesse peuvent délivrer " de l'homme qui exprime des choses perverses ". (Proverbes 2:10-12.) N'est-ce pas ce que vous souhaitez pour votre enfant ? Deuxième mesure fondamentale, donc, pour le protéger : ne vous retenez pas de l'instruire sur ce sujet important.

Mais comment vous y prendre ? Plus d'un parent trouve plutôt gênant de parler de sexualité à son enfant. Mais l'enfant risque de trouver cela encore plus gênant. Il est peu probable que le vôtre aborde le sujet avec vous. Alors, prenez l'initiative. Mélissa témoigne : " Nous avons commencé très tôt, en nommant les parties du corps. Nous avons employé leurs vrais noms, pas des noms enfantins, pour montrer qu'aucune partie n'est bizarre ou honteuse. " La question des agressions vient ensuite naturellement. Beaucoup de parents disent simplement à leurs enfants que les parties du corps que couvre un maillot de bain sont intimes et particulières.

Hélène, mentionnée précédemment, raconte : " Samuel et moi avons expliqué à notre fils que son pénis est un organe intime et personnel, et que ce n'est pas un jouet. Personne, ni maman, ni papa, ni même un médecin, ne doit jouer avec. Quand nous emmenons notre garçon à une consultation médicale, je le préviens que le médecin va simplement vérifier que tout va bien et que, pour cela, il le touchera peut-être à cet endroit. " Hélène et Samuel ont ce genre de petite conversation de temps en temps avec leur fils, et lui assurent qu'il peut toujours venir leur dire si quelqu'un l'a touché d'une façon qui ne convient pas ou qui l'a mis mal à l'aise. Les spécialistes de l'enfance et de la prévention des agressions sexuelles recommandent à tous les parents d'avoir de tels échanges avec leurs enfants.

Beaucoup trouvent le livre Écoute le grand Enseignant 4 très utile à cet égard. Le chapitre 32, intitulé " Comment Jésus a été protégé ", contient un message direct mais rassurant pour les enfants sur les dangers que représentent les agressions et l'importance de se protéger. " Ce livre a été idéal pour renforcer ce que nous avions nous-mêmes enseigné à nos enfants ", relève Mélissa.

De nos jours, un enfant doit savoir qu'il y a des gens qui veulent toucher les enfants ou qui veulent que les enfants les touchent d'une façon qui ne convient pas. De tels avertissements ne doivent pas lui faire peur ou l'amener à se méfier de tous les adultes. " C'est un message de sécurité, estime Hélène, un parmi tant d'autres, dont la plupart n'ont rien à voir avec les agressions. Il n'a pas du tout rendu mon fils craintif. "

Par ailleurs, inculquez à votre enfant un point de vue équilibré sur l'obéissance. Apprendre l'obéissance à un enfant est à la fois important et difficile (Colossiens 3:20). Toutefois, on pourrait aller trop loin. Si on lui apprend à toujours obéir à n'importe quel adulte, quelles que soient les circonstances, on l'expose aux sévices. Les agresseurs repèrent vite les enfants trop dociles. Des parents avisés enseignent que l'obéissance est relative. Pour les chrétiens, ce n'est pas aussi compliqué qu'il y paraît. Il s'agit seulement de dire : ‘ Si quelqu'un te demande de faire quelque chose que Jéhovah Dieu n'aime pas, tu n'es pas tenu d'obéir. Même maman ou papa ne devraient jamais te demander de faire quelque chose que Jéhovah n'aime pas. Et tu peux toujours venir voir maman ou papa si quelqu'un essaie de t'obliger à faire quelque chose de mal. '

Enfin, dites à votre enfant que personne ne devrait lui demander de faire un secret de quelque chose et que, si cela arrivait, il devrait toujours venir vous en avertir. Quoi qu'on lui dise — et même si on le menace ou qu'il a mal agi de son côté — c'est toujours bien de venir voir maman ou papa et de tout leur raconter. De telles directives ne doivent pas effrayer votre enfant. Rassurez-le : la plupart des gens ne feraient jamais ces choses (le toucher là où il ne faut pas, lui demander de désobéir à Dieu ou de garder un secret). À la manière d'un plan d'évacuation en cas d'incendie, ces messages sont de simples précautions qui, sans doute, ne serviront jamais.


Note :

4 Publié par les Témoins de Jéhovah.

 

Enseignez à votre enfant des moyens élémentaires de se protéger

La troisième mesure est la suivante : enseigner à votre enfant des actions simples à entreprendre au cas où quelqu'un tenterait de profiter de lui en votre absence. On recommande généralement de le faire sous forme de jeu. Les parents demandent : ‘ Que ferais-tu si... ? ' et l'enfant répond. Dites, par exemple : ‘ Que ferais-tu si on était dans un magasin et que tu te perdais ? Comment me retrouverais-tu ? ' Si la réponse n'est pas tout à fait celle que vous espérez, guidez l'enfant au moyen d'autres questions comme : ‘ À ton avis, y a-t-il une façon de faire plus prudente ? '

À l'aide de questions semblables, demandez à l'enfant quelle serait la réaction la plus prudente si quelqu'un essayait de le toucher d'une façon qui ne convient pas. Si ces questions ont tendance à l'inquiéter, racontez-lui une histoire mettant en scène un autre enfant. Par exemple : ‘ Une petite fille est avec un membre de sa famille qu'elle aime bien, mais tout à coup il veut la toucher là où il ne devrait pas. D'après toi, qu'est-ce qu'elle devrait faire pour se protéger ? '

Quelle conduite conseiller à votre enfant dans une telle situation ? Un auteur écrit : " Un ‘ Non ! ' catégorique ou ‘ Ne fais pas ça ! ' ou ‘ Laisse-moi tranquille ! ' a un effet dissuasif remarquable sur l'agresseur et l'incite à reconsidérer son choix. " Aidez votre enfant à jouer des petites scènes qui lui permettront d'acquérir l'assurance de refuser avec énergie, de fuir immédiatement et de vous rapporter tout ce qui s'est passé. Même s'il a l'air de bien comprendre, il peut aisément oublier au fil des semaines ou des mois. C'est pourquoi faites cet exercice régulièrement.

Tous ceux qui s'occupent directement de l'enfant, y compris les éléments masculins (le père, le beau-père, etc.), devraient être inclus dans ces discussions. Pourquoi ? Parce qu'en prenant part à cette formation, ils promettent en fait à l'enfant qu'ils ne lui feront jamais aucun mal. C'est triste à dire, mais la majorité des agressions ont lieu dans le cadre même de la famille. L'article suivant montrera comment faire de sa famille un havre sûr dans un monde sans pitié.

Faites de votre famille un refuge

" SANS affection naturelle. " C'est en ces termes peu réjouissants que la Bible parle d'un grand nombre d'individus vivant à notre époque, une époque qu'elle appelle " les derniers jours ". (2 Timothée 3:1, 3, 4.) L'épidémie d'agressions d'enfants au sein même de la famille atteste on ne peut mieux la véracité de ces paroles prophétiques. Le terme grec original, astorgos, rendu par " sans affection naturelle " suggère un manque d'amour, de l'amour qui devrait exister entre les membres de la famille, en particulier entre parents et enfants 5. Or, c'est trop souvent dans le cadre familial que les enfants sont agressés.

D'après des spécialistes, l'agresseur est le plus fréquemment la figure parentale masculine. Il peut aussi être un autre proche masculin. Si les victimes sont des filles pour la plupart, beaucoup de garçons subissent également des sévices. Les femmes auteurs d'agressions sont plus nombreuses qu'on ne le pense. La forme de maltraitance dont on fait le moins état est sans doute l'inceste entre frères et sœurs : un plus âgé ou plus fort brutalise ou séduit un plus jeune ou plus faible pour le contraindre à des rapports sexuels. Vous qui êtes parent, vous trouvez sûrement tous ces actes répugnants.

Comment prémunir votre famille contre de telles pratiques ? À l'évidence, chaque membre de chaque famille doit connaître et tenir en haute estime certains principes qui préviennent les abus. La meilleure source de conseils qui soit en la matière est la Parole de Dieu, la Bible.


Note :

5 On trouve de ce terme grec ancien la définition suivante : " dur de cœur envers sa parenté ". Une Bible rend ce verset ainsi : " Ils seront [...] sans affection naturelle pour leur famille. "

 

La Parole de Dieu et les relations physiques

Pour être un refuge, toute famille doit se conformer aux normes morales des Écritures. La Bible ne fait pas de la sexualité un sujet tabou. Elle en parle dignement, mais de façon franche et directe. Elle montre que Dieu a prévu que l'intimité sexuelle procure un réel plaisir au mari et à la femme (Proverbes 5:15-20). Néanmoins, elle condamne toute pratique sexuelle en dehors du mariage. Par exemple, elle désapprouve ouvertement l'inceste. En Lévitique chapitre 18, différentes relations incestueuses sont interdites. Notez ces paroles : " Vous ne devez vous approcher, nul homme d'entre vous, d'aucune proche parente selon la chair, pour en découvrir la nudité [pour avoir des relations sexuelles]. Je suis Jéhovah. " — Lévitique 18:6.


Pour un foyer sûr

Internet : Si vos enfants ont accès à Internet, ils ont besoin de directives pour en éviter les dangers. Il existe quantité de sites pornographiques, ainsi que de messageries instantanées et autres réseaux sociaux sur lesquels des pédophiles cherchent des enfants dans l'intention de les séduire. La prudence veut que l'ordinateur soit placé bien en vue, afin que les parents aient facilement l'œil sur l'utilisation qui en est faite. Sans surveillance parentale, les enfants ne devraient jamais divulguer d'informations personnelles ni prendre rendez-vous avec une personne rencontrée sur Internet. — Psaume 26:4.

Boissons alcoolisées : Dans bon nombre de cas d'agressions, de l'alcool avait été consommé. L'expérience montre que l'excès de boisson a tendance à lever les inhibitions ; certains adultes cèdent à des désirs qu'ils auraient réprimés en temps normal. Ce danger constitue une raison supplémentaire de suivre le conseil biblique enjoignant de rejeter l'ivrognerie et l'abus d'alcool. — Proverbes 20:1 ; 23:20, 31-33 ; 1 Pierre 4:3.

Intimité : " Après le décès de maman, se souvient une femme, mon père était le seul de la maison dont la chambre avait des rideaux aux fenêtres et une porte. Il ne respectait pas notre intimité, même dans la salle de bains. " Cet homme a attenté à la pudeur de toutes ses filles. Chaque membre de la famille doit comprendre l'importance de respecter l'intimité de l'autre. Tout comme les parents ont besoin d'intimité par moments, ils doivent laisser à leurs enfants l'intimité que réclame leur âge. Des parents raisonnables traitent leurs enfants comme eux-mêmes veulent être traités. — Matthieu 7:12.


Jéhovah a cité les actes incestueux dans la liste des " choses détestables " punissables de mort (Lévitique 18:26, 29). Manifestement, le Créateur a des normes morales très élevées. Aujourd'hui, de nombreux gouvernements adoptent une position similaire en condamnant les atteintes sexuelles sur enfants dans le cadre de la famille. Souvent, la loi considère qu'un adulte qui soumet un enfant à des relations sexuelles commet un viol. Pourquoi employer ce terme quand il n'a pas été fait usage de la force ?

De nombreux pays en sont venus à reconnaître ce que la Bible a toujours dit sur les enfants, c'est-à-dire qu'ils ne sont généralement pas capables de raisonner comme des adultes. Ainsi, Proverbes 22:15 déclare : " La sottise est attachée au cœur d'un garçon. " Et l'apôtre Paul a écrit sous inspiration : " Lorsque j'étais un tout-petit, [...] je pensais comme un tout-petit, je raisonnais comme un tout-petit ; mais maintenant que je suis devenu un homme, j'ai aboli ce qui est propre au tout-petit. " — 1 Corinthiens 13:11.

Un enfant ne peut saisir toute la portée d'un acte sexuel ni en envisager les conséquences à long terme. C'est pourquoi il est communément admis que les enfants ne peuvent donner de consentement valide à des relations sexuelles. Autrement dit, si un adulte (ou un aîné) a des relations avec un enfant, il ne peut avancer comme excuse que l'enfant ne s'y est pas opposé ou même qu'il l'a voulu. L'adulte est coupable de viol, un crime passible d'emprisonnement 6. La responsabilité du viol retombe sur le violeur et non sur la victime.

Malheureusement, la majorité de ces crimes restent impunis. En Australie, on estime que seuls 10 % des agresseurs sont poursuivis en justice et que peu d'entre eux sont jugés coupables. La situation est analogue dans d'autres pays. Si la protection qu'offrent les gouvernements a ses limites, celle que garantit à la famille chrétienne l'application des principes bibliques est bien plus étendue.

Les vrais chrétiens savent que le Dieu qui a fait consigner ces principes dans sa Parole n'a pas changé. Il voit chacun de nos actes, même ceux qui sont cachés à la plupart des hommes. La Bible avertit : " Toutes choses sont [...] mises à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. " — Hébreux 4:13.

Si nous transgressons ses commandements et nuisons à autrui, Dieu nous tient pour responsables. D'un autre côté, si nous adhérons à ceux qu'il a donnés pour le bien de la vie de famille, il nous bénit. Quels sont quelques-uns de ces commandements ?


Note :

6 Cet article n'aborde pas les obligations légales de dénonciation des faits d'atteintes sexuelles sur mineurs auxquelles les citoyens sont soumis en fonction des pays et des législations en vigueur.

 

Une famille unie par l'amour

" L'amour ", dit la Bible, " est un lien d'union parfait ". (Colossiens 3:14.) L'amour tel que les Écritures le décrivent n'est pas juste un sentiment. Il se définit par l'impulsion qu'il donne, autrement dit par la conduite à laquelle il incite et par les actes qu'il interdit (1 Corinthiens 13:4-8). Dans la famille, faire preuve d'amour, c'est se traiter les uns les autres avec dignité, respect et bonté. C'est considérer chacun comme Dieu le considère. Or, il donne à chacun un rôle honorable et important.

En tant que chef de famille, le père doit être le premier à manifester de l'amour. Il comprend qu'un père chrétien n'a pas le droit d'être tyrannique, d'abuser de son pouvoir sur sa femme ou ses enfants. Au contraire, il exerce son autorité en prenant Christ pour modèle (Éphésiens 5:23, 25). Par conséquent, il est tendre et aimant avec sa femme, et patient et doux avec ses enfants. Il les protège fidèlement et fait tout son possible pour qu'il ne leur arrive rien qui les priverait de leur tranquillité, de leur innocence et du sentiment de confiance et de sécurité.

Pareillement, l'épouse et mère joue un rôle digne et extrêmement important. La Bible prend l'exemple de l'instinct de protection des mères dans le règne animal pour illustrer à quel point Jéhovah et Jésus peuvent être protecteurs (Matthieu 23:37). Une mère devrait être aussi résolument protectrice de ses enfants. Dans son amour, elle n'hésite pas à faire passer leur sécurité et leur bien-être avant les siens. Les parents ne laissent aucune place à l'abus de pouvoir, à la brutalité ou à l'intimidation dans leurs rapports l'un avec l'autre ou avec leurs enfants ; ils ne permettent pas non plus à leurs enfants de recourir à de telles méthodes entre eux.

Lorsque chaque membre de la famille traite les autres avec respect et dignité, il en résulte une bonne communication. " Tous les parents devraient entretenir une communication quotidienne, constante et profonde avec leurs enfants ou leurs adolescents ", fait remarquer l'auteur William Prendergast. " Il semble que ce soit là la meilleure solution au problème des sévices sexuels. " La Bible recommande d'ailleurs une telle communication, constante et pleine de tendresse (Deutéronome 6:6, 7). Quand on applique ce conseil, le foyer est un endroit où chacun peut exprimer sans crainte ce qu'il ressent.

Certes, nous vivons dans un monde cruel où il n'est pas possible d'éviter toutes les formes d'abus. Cependant, un foyer sûr peut être d'un grand secours. Si un membre de la famille est maltraité au dehors, il sait où accourir pour trouver réconfort et compassion. Un foyer comme celui-ci est un vrai refuge dans ce monde agité. Que Dieu bénisse vos efforts pour que le vôtre soit un tel refuge !

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